Mardi 7 juillet

Si vous êtes de fins observateurs du monde qui nous entoure, vous aurez remarqué que les thermomètres font les petits fous et que l’anorak est superfétatoire le plus clair de la journée.
Mais il en faudrait plus pour décourager des Bayennais !

Ce matin, après la première nuit, qui sous la tente, qui dans le dortoir, après un petit déjeuner roboratif, tout le monde s’est dirigé vers le bus pour une expédition animalière à Argelès Gazost.

La visite a commencé par un documentaire sur le métier de soigneur. Il aurait pu susciter des vocations, mais il est apparu bien scolaire à des enfants qui, il n’y a même pas une semaine, usaient leur fond de culotte sur les bancs de l’école.,
C’était bien mieux de voir les animaux pour de vrai et surtout de caresser et nourrir les petites chèvres !

Après le repas, le mercure ne se décidant pas à revenir à des seuils plus décents, toute la troupe s’est repliée sur la Grange, où les animateurs avaient préparé des ateliers divers et variés : construction d’arcs (Robin des Bois bientôt relégué dans les limbes de l’oubli), origamis (les maîtres japonais bientôt en déprime), jeux divers (avec une prédilection pour ceux qui permettent de se mouiller) et atelier cuisine (là, c’est moi qui vais bientôt rendre mon tablier)…

Et puis nous mangerons tôt, vers 18h30, histoire d’aller taquiner Morphée de bonne heure, car demain le départ pour la balade vers Hautacam et le lac d’Isaby se fera dès potron-minet (bus à 7h45), histoire de grimper à la fraîche.

Rendez-vous demain pour le récit de l’épopée…

Lundi 6 juillet

Ce sont les chatons qui ont été étonnés !… Depuis si longtemps qu’ils voyaient la porte de la grange fermée, les murs et la plate-forme envahis par les herbes, ils avaient fini par croire que la race des montagnards était éteinte, et, trouvant la place bonne, ils en avaient fait quelque chose comme un quartier général, un centre d’opérations stratégiques : le moulin de Jemmapes des chats… Le jour de mon arrivée, il y en avait bien, sans mentir, une cinquaine assis en rond sur la plate-forme, en train de se chauffer les pattes à un rayon de soleil… Le temps d’entrouvrir une lucarne, frrt ! voilà le bivouac en déroute, et tous ces petits derrières multicolores qui détalent, la queue en l’air, dans le fourré. J’espère bien qu’ils ne reviendront pas de sitôt.
(Merci Monsieur Daudet pour votre aide).

En ce qui concerne vos enfants, rassurez-vous : ils sont bien arrivés à Bayen. Les petits nouveaux ont découvert le site, les « anciens » ont pu prendre l’air blasé de ceux à qui on ne la fait pas. Les filles se sont installées sous la grande tente, les garçons ont investi les dortoirs.
Et puis tous sont allés découvrir les beautés de Sazos : la fontaine du bélier, le vieux lavoir à l’eau si fraîche, idéale par ce temps estival, le calvaire et ses jeux, le terrain de stritefoute où certains ont rejoué la Coupe du Monde (moi, je suis les français, et toi les norvégiens…).

Je tiens tout de suite à rassurer les parents d’un garçon qui se voyaient déjà catalogués indignes et livrés à la vindicte populaire : leur enfant n’est absolument pas traumatisé par le fait que sa valise soit restée ce matin dans le coffre de leur voiture. Ho, les autres, on ne rigole pas bêtement ! Je sais, quand on entend à la radio qu’un gugusse a oublié sa belle-mère sur l’aire d’autoroute, on se dit qu’il l’a fait exprès, ou qu’il est idiot, mais que l’on est absolument à l’abri d’une telle bourde. Mais dans l’euphorie du départ, les embrassades et la perspective d’une semaine en amoureux sans progéniture, ça peut arriver à des gens très bien… Ils en sont quittes pour un aller-retour express vers les montagnes.
Dans quelques semaines, tout le monde sourira à l’évocation de cette petite étourderie, qui pèsera bien peu par rapport à tous les beaux souvenirs qu’auront accumulé les enfants durant ce camp.

Demain, visite du Parc Animalier des Pyrénées (moi, j’aimais mieux l’ancien nom de Colline aux Marmottes) : isards, ours, marmottes, bouquetins, loups et toute la panoplie… En attendant, à table, après avoir appris le Bona Bona pour ceux qui ne connaissent pas encore (si c’est votre cas, demandez à votre enfant à son retour). Bonne nuit !